Funérailles d’hiver : mon rôle d’Alté Bobitshek

En septembre 2012, j’ai entamé ma première année de théâtre contemporain, aprés six années de théâtre classique. Vanessa Moskovosky, notre professeur, nous a proposé trois pièces, parmi lesquelles nous avons choisi Funérailles d’Hiver. Dans cette pièce, deux rôles m’ont été alloués. Celui d’Alté Botibshek, une vieille tante qui se meurt, et Baragontsélé, le père du futur marié. Dans cet article, je vais donc évoquer le rôle d’Alté Bobitshek et l’évolution du rôle  jusqu’à la représentation elle-même.

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Lorsqu’au début de l’année, Vanessa Moskovosky, notre professeur, a distribué les rôles de Funérailles d’hiver (voir l’article de présentation de la pièce), j’étais loin de me douter que deux d’entre eux me seraient attribués : celui d’Alté Botitshek, la vieille tante qui meurt au début de la pièce, et celui de Baragontsélé, le père du futur marié.

Lors de mes premières lectures du rôle d’Alté, je constate que celle-ci était présentée comme mourante, avec son fils présent à son chevet. Du coup, je me suis imaginé Alté en train de toussoter, à l’agonie dans son lit ou sur un fauteuil. Je la voyais vieille, pas alerte,  avec une voix chevrotante. C’est dans cet état d’esprit que j’ai commencé à apprendre mon texte. Mais, la première fois que Vanessa m’a fait répété, avec Liès, qui jouait le rôle de mon fils Latschek, toute ma vision du rôle tombe à terre. Vanessa souhaite en effet qu’Alté se tienne debout, face au public, le regard perdu sur la campagne environnante. Puis après un moment de silence, je dois lancer ma première réplique, la toute première de la pièce, d’une manière neutre : « Je vais mourir. C’est l’hiver ! Y aura-t-il quelqu’un à mon enterrement ? » Voilà, je suis lancé dans le théâtre contemporain !

L’interprétation des personnages est totalement différente par rapport au théâtre classique. Là, on doit aller chercher des choses au fond de soi, et l’exercice n’est pas facile. Jamais, au théâtre, une phrase ne m’a donné autant de mal à interpréter. « Tu dois dire cette première phrase d’une manière neutre » me répéte Vanessa. Je me rends compte que dire une phrase de manière neutre… ben ce n’est pas facile…

Ceci dit, pendant plusieurs semaines, à chaque répétition, je ne suis pas à l’aise avec ce rôle et surtout son départ. Et c’est par un frais matin ensoleillé d’Avril, sur la plage sur laquelle j’aime bien répéter mes textes avant d’aller au boulot, qu’Alté m’apparaît au grand jour. Enfin en tout cas, j’imagine une autre Alté, plus sèche, acariâtre… une sorte de tatie Danielle. Lors de la répétition suivante, j’expose à Vanessa ma proposition. Je suis toujours sur le devant de la scène, semblant regarder ce qui se passe dehors à travers une fenêtre, et lorsque je sors ma première réplique, cette fois-ci, je change ma voix, pour essayer de coller à une vielle femme acariâtre. J’essaie de faire sortir un regard perçant et je prononce les mots d’une façon sèche, méchante même. Tout le monde est d’accord pour dire qu’Alté… c’est elle ! Et c’est ainsi que d’une Alté mourante, toussotante, nous sommes passés à une Alté sûre d’elle, sèche, méchante, et qui semble à peu près en pleine forme. Le duo avec Liès fonctionne parfaitement.

Mais du coup, lors de cette première répétition avec la « nouvelle » Alté, un autre petit problème m’arrive dessus sans prévenir. En effet, après avoir prononcé ma dernière phrase, jusqu’alors, je mourais en toussant et en lâchant un dernier soupir. Hors maintenant, plus de toux, juste une vieille femme, sèche. J’ai alors proposé à Vanessa de finir ma dernière réplique en ne terminant pas le dernier mot. En fait, je parle, toujours sèchement et paf… je meurs… direct… sans appel… la bouche ouverte contenant ma dernière syllabe. Vanessa adore… ouf !

C’est ainsi que l’évolution de ce rôle s’est déroulée. Pour finir, il a aussi fallu que je trouve un costume de petite vieille… Heureusement, les cadres soignants du Centre de Gérontologie de l’hôpital, où je travaille, m’ont permis de choisir robes et foulards que j’ai ensuite proposés à Vanessa. Et c’est dans une robe foncée, truffée de motifs, et un foulard rouge sur la tête, qu’Alté s’est avancée sur la scène.

Lors des premières lectures de ce rôle, je n’imaginais pas combien il allait être dur à interpréter. Je suis plutôt content du résultat. Je vous propose maintenant de voir le tout début de la pièce et la scène avec Alté et Latschek, lors de notre représentation au Crep des Lices. Le film a été enregistré sur une caméra fixe en fond de salle. Aucun gros plan. Uniquement une vision d’ensemble de ce qui se passe sur la scène. J’espère que cela vous plaira. J’attends avec impatience vos commentaires, juste après 😉

Retrouvez aussi des photos de Funérailles d’hiver dans la galerie photos…

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