La baignoire

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Le deuxième texte que je vous propose, pour la quinzaine de l’écriture sur Scorpius Street, a été écrit en Mai 2015. J’aime les défis et essayer de trouver l’inspiration sur des sujets qui peuvent, au premier abord, ne pas sembler être inspirant… une baignoire… quel sujet non ? Ben pourquoi pas. Il y avait plein de pistes à explorer… il peut se passer tellement de choses dans une baignoire… Mais en cherchant au hasard d’internet, une image, celle de l’article m’a inspirée et des idées se sont imprimées dans ma tête, en particulier une… une de cette baignoire qui… Ah… ben en fait, il suffit de lire le texte qui suit…

baignoire

Aujourd’hui, il pleut. Oh, pas une forte pluie certes, juste quelques gouttes, mais suffisament pour qu’elle puisse penser que ce sont ses propres larmes qu’elle sent couler sur son corps. Des larmes… des larmes qu’elle, elle ne peut faire couler, là, seule au milieu des autres corps inertes. Des larmes… Ce qu’elle aimerait pouvoir en lacher, même une seule… une seule… Une larme à elle ! Une larme dans laquelle il y aurait toute sa vie. Oui, toute sa vie…

Toute sa vie passée dans un grand hôtel. Tout ce luxe autour d’elle… Ces lavabos en marbre à la robinetterie dorée… ces gens qu’elle croisait tous les jours, partageant leur vie avec la sienne. Ah elle en a vu passer… Elle en a vu passer des hommes, des femmes… Les hommes la faisaient rire avec leur manière de se coiffer et de regarder dans le miroir de la salle de bains s’il n’y avait pas un poil de nez qui dépassait. Elle admirait les femmes qui se pomponnaient pendant de longues minutes, changeant parfois leur apparence derrière des tonnes de maquillage. Quel spectacle magnifique !
Et ces soirs où ces femmes s’apprêtaient de lingeries magnifiques avant de rejoindre celui qui les attendait à côté. Elle pouvait entendre, par la porte entrouverte, leurs souffles se mêler, leur amour, pendant que leurs corps ne faisaient plus qu’un. Parfois c’est avec elle qu’il venaient s’ébattre. Des moments de partages qu’elle n’oublierait jamais. L’eau bouillonnait d’amour et ruisselait sur son corps en débordant… comme de multiples larmes d’amour…

La pluie tombe un peu plus fort, lui rappelant encore plus, ces images du passé. De multiples larmes… des larmes venues du ciel, mais des larmes qu’elle s’approprie… ses larmes… ses larmes de tristesse, de désespoir. Seule… seule au milieu des autres corps inertes. A côté d’elle, un miroir brisé, sali, mais dans lequel elle s’aperçoit. Sa peau blanche nacrée a disparu. Quelques éclats subsistent encore ça et là, mais le reste n’est que vieillesse… rouille envahissante.

Couchée sur le côté, elle sent parfois quelque chose la frôler. Un rat sûrement. Elle est seule, au milieu des autres corps inertes… Les larmes coulent de plus en plus fort sur la décharge. Des larmes… des litres de larmes… ses larmes. Qu’elle aime ça ! Toutes ces larmes… tellement de larmes que quand elle s’aperçoit dans le miroir brisé, elle se voit reluire, briller, presque comme avant.

La photo de cette baignoire a été trouvée sur le site : http://marcmetzmoselle.eklablog.com/art-hors-serie-a-metz-la-vieille-baignoire-rouillee-a86876247

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