La liberté de Tilikum

Tilikum est une orque mâle morte le 6 janvier 2017 dans le parc marin SeaWorld Orlando aux Etats-Unis. Trente trois ans de captivité pour trente six ans de vie… inconcevable… Lors de sa captivité, Tilikum a tué trois personnes. Elle a inspiré le documentaire Blackfish, l’orque tueuse. Sa mort m’a inspiré ce texte. J’espère qu’il vous plaira et n’hésitez surtout pas à le partager…

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Trois ans… trois ans… Pendant trois ans il a pu sillonner les eaux froides de l’Atlantique Nord et de la Mer de Norvège avec sa famille. Trois ans de pur bonheur au large de l’Islande. Parfois il pouvait en apercevoir les sommets blanchis au loin. L’immensité de l’océan semblait sans fin… à perte de vue, ciel et nuages, écume et flots… un terrain de jeu sans limite… un extraordinaire sentiment de liberté sans aucun doute possible.

Trois ans… trois ans… durant lesquels il a appris à vivre. Trois ans durant lesquels il a appris à survivre dans ce milieu hostile. Mais pour qui était-il le plus hostile ? Sûrement pas pour lui ! L’hostile, c’était lui… lui et sa famille. De son puissant sonar, il repérait les bancs de poissons, les dauphins, les baleines. Ce monde du silence regorge de tant de bruits. Mais lui et sa famille transperçaient l’océan, silencieux, organisaient leur chasse, cernaient leurs proies et fondaient dessus avec une telle rapidité et avec une telle stratégie qu’elles ne laissaient quasiment aucune chance à ces pauvres animaux marins.

Trois ans… trois ans… trois ans de liberté totale dans les eaux froides. Trois ans avec sa famille… trois ans… trois ans de liberté… trois ans… liberté… liberté…

La liberté… La liberté, il l’a attendue trente trois ans… trente trois ans… dans cet espace où il arrive à peine à nager, entouré de murs. Trente trois ans, contraint à faire des choses qui ne lui étaient pas naturelles… contraint par le souvenir de cette torture que ces petits hommes lui infligeaient, l’affamant pour l’obliger à obéir… contraint pendant des mois et des mois, assommé par les médicaments à faire machinalement ce qu’on lui demandait pour manger. Trente trois ans… trente trois ans avec le souvenir de sa famille qui fendait les eaux froides de l’immensité océanique, parce que oui, il s’en souvenait… oui… il s’en souvenait…

La liberté… la liberté… Eux, ils semblent en rire de sa liberté. Comment ces enfants peuvent-ils seulement penser qu’il et là pour eux ? Ils ont l’air si innoncents. Comment ces adultes peuvent-ils mentir à leurs enfants en les amenant dans ce lieu ? Pensent-ils vraiment qu’il est heureux à obéir à ces petits hommes pour pouvoir manger ? Pensent-ils vraiment qu’il est heureux d’avoir été père plus de vingt fois ? Savent-ils seulement par quelles tortures il est passé pour faire un bond hors de l’eau ? Savent-ils vraiment qu’on lui a volé sa semence pour violer une femelle ? Le savent-ils ? Ne voient-ils pas sa dorsale qui est déjà morte depuis longtemps ? Tuer un homme, puis un deuxième et encore un troisième ne suffit-il pas à leur faire comprendre ? Apparement non ! Apparement non…

La liberté… la liberté il l’a sentie arriver, quand malade, ses poumons se mourraient. La liberté… alors que les hommes s’évertuaient à vouloir le sauver… enfin sauver leur spectacle plutôt que lui. La liberté… oui, il la sentait toute proche… enfin… luttant de toutes ses forces contre l’effet des médicaments. La liberté… enfin… comme à son plus jeune âge… Ces souvenirs ancrés en lui… qui ressortent… tous les uns après les autres… Les mers froides… ciel et nuages… écume et flots… sa famille… la liberté… la liberté… enfin… Tilikum est libre.

La place d’une orque, d’un dauphin ou de tout autre animal n’est pas dans un parc. N’achetez pas de billet pour les parcs tels le Marineland, le Parc Astérix  ou Planète Sauvage.

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