La Provençale Sainte Victoire 2014

La Provençale Sainte Victoire est une cyclosportive organisée pour la deuxième année consécutive par  l’AVC Aix. Deux parcours sont proposés, La Colas et ses 136 km et La Madewis et ses 95 km. C’est sur ce dernier parcours que je me suis inscrit, offrant près de 1500 m de dénivelé autour de la magnifique masse imposante de la Montagne Sainte Victoire. Avec 798 inscrits sur les 95 km, 688 au départ, ma seule ambition était de finir dans le dernier quart du peloton… oui mais ça, c’était avant… avant un petit événement inattendu qui m’a fait me placer tout dernier du peloton au départ… En route pour la plus sympathique cyclosportive à laquelle j’ai participée.

bilanmai2014

La cyclosportive La Provençale Sainte Victoire a eu lieu le 27 avril 2014. Le parcours de 95 km, sur lequel je me suis inscrit, propose 1500 m de dénivelé environ. Au programme des difficultés :

  • Montée de St Antonin : 6,2 km à 4,6%
  • Gorges de Pourrières : 5 km à 3,6%
  • Col de Bèdes : 2,6 km à 5,9%
  • Col du Grand Sambuc : 10,2 km à 3,4%

Un événement inattendu…

Le départ des 95 km étant prévu pour 08h45 en ce dimanche matin venteux, je suis arrivé sur le parking déjà bien rempli vers 07h15, ce qui m’a laissé le temps de me détendre, grignoter, me préparer tranquillement, d’autant que pour mon parcours, le sas serait ouvert à 08h30. A 08h15, j’enfourche mon vélo, mon Btwin Facet 5, histoire de faire trois ou quatre tours de parking pour tourner un peu les jambes avant d’aller me fondre dans le milieu du peloton. Le mistral souffle déjà très fort et il ne fait pas chaud. Je trouve un petit coin pour faire pipi et là, violenté par une rafale « mistralienne », mon Facet 5 tombe au sol. Je le relève, tout semble ok, alors direction le sas de départ… mais un grincement et une sensation de quelque chose qui retient mon vélo se fait ressentir. Je finis par constater que mon frein arrière droit touche la jante…. Je joue alors sur l’écarteur et là tout va mieux. Tout va mieux, mais le freinage est mou, et ne connaissant pas du tout les routes et les descentes du parcours, je suis très inquiet et commence à me demander si la course ne s’arrête pas là pour moi. Une dernière inspection de mon vélo, et je trouve le problème, tout bête : l’étrier de frein s’est tout simplement déplacé. Je le replace fait des essais, des mini sprints en danseuse, tout va bien. Cette fois-ci, hop, direction le sas de départ, d’autant qu’il est déjà 08h40… soit cinq minutes avant le départ, et là… triste constatation, je suis le tout dernier à me présenter… tout à l’arrière du peloton. Mais bon, après tout, je suis là pour me faire plaisir et au moins, en partant de la dernière place, je devrais plus doubler qu’être doublé…

Les montagnes russes…

08h45, le départ est donné et tout ce beau monde multicolore s’élance, long cortège dans les rues d’Aix en Provence direction la Route Cézanne qui longe, plus loin, la paroi abrupte de la Montagne Sainte Victoire. Les premiers kilomètres sont déjà exigeants et j’imagine que devant, une première sélection est déjà faite. Ce sont de vraies montagnes russes. De courtes montées bien pentues et des petites descentes se succèdent. Dès que la route s’élève, je relance et relance encore et grapille, grapille et grapille des places, très motivant. Le vent n’est pas encore génant en ce tout début de parcours et le village du Tholonet arrive bien vite et aussitôt se présente la Montée de Saint Antonin et ses passages à 7 et 8%, une sorte de montagne russe à forte tendance montante. Là aussi, j’appuie bien sur les pédales, relance, double. Adviendra ce qui adviendra, je roule au feeling. Au sommet je bascule dans la partie descendante jusqu’à Pourrières. La vue sur la Montagne Sainte Victoire est magnifique, mais guère le temps de s’arrêter prendre une photo, d’autant que le vent de travers est fort et qu’il faut être vigilant.

Dans les Gorges de Pourrières, Scorpius laisse tout le monde derrière…

A Pourrières, le tracé oblique vers le Nord et s’enfonce dans les Gorges de Pourrières pour une ascension de 5 km à 3,6%. Le vent ne passe pas de ce côté là, et c’est tant mieux. Du coup, moi, je m’envole. Assis sur la selle, je tourne vite les jambes et laisse sur place quelques cyclistes isolés, puis, au fil de la montée et des virages, je prend pour cible un groupe de sept à dix coureurs, les rattrape, continue à mon rythme, les lâche. Un autre groupe similaire plus haut… je les rattrape, continue à mon rythme, les lâche… Un troisième groupe un peu plus haut… vous connaissez la suite… ah ben non, il y a un des coureurs qui s’accroche dans ma roue. Je l’entends souffler, comme lui doit m’entendre souffler. Je continue mon rythme, je me sens bien et un quatrième groupe en fait les frais. Un cinquième groupe d’une dizaine de coureurs se profile plus haut. Je reviens sur lui juste au sommet de l’ascension. Le cycliste qui s’est accroché à ma roue, remonte à mon niveau et me tapote le dos en me disant merci. « Y a pas de quoi » lui réponds-je.

Le Mistral n’a qu’à aller se rhabiller…

La partie descendante et plane qui nous amène vers St Paul les Durance puis le col de Bèdes, est transpercée par le Mistral. Le vent est très violent et je suis particulièrement ravi d’avoir rejoint ce dernier groupe au sommet des Gorges de Pourrières. Dans un premier temps je récupère en me mettant, autant que je le peux, à l’abri du vent. Une petite barre énergétique, et me voilà prêt à participer aux relais, de temps en temps, car cela ne se fait pas de « sucer les roues » comme on dit dans le jargon cycliste. Ceci dit, même face à ce vent violent, je suis surpris par ma forme et je me dis que le travail des derniers mois, vent ou pas vent, ça paie. Du coup, notre groupe file à vive allure face à ce terrible Mistral qui soulève la poussière et transporte le pollen… j’en ai les yeux qui pleurent. Le compteur ne descend quasiment pas en-dessous des 30 km/h, oscillant le plus souvent entre 34 et 38 km/h. Après St Paul lès Durance, et quelques petits kilomètres le long de la Durance, le circuit est à nouveau à l’abri du vent dans le relief. Le Col de Bèdes se présente, et c’est tant mieux, parce que ça fait un moment que j’ai envie de faire pipi, mais je ne voulais surtout pas quitter ce groupe qui filait à vive allure…

Y m’énerve lui… Y m’énerve…

C’est donc dès le premier lacet que je m’arrête pour une pause pipi, d’autant que je me sentais toujours bien et que j’étais sûr de rejoindre le groupe plus haut. Après m’être allégé de quelques décilitres… je repars sur un bon rythme, et là encore, sur la route pentue du Col de Bèdes, je grappille les coureurs et j’ai en ligne de mire ce qui reste de mon groupe qui s’est effiloché. Avec mon rythme régulier, je reviens sur un cycliste, grignote sa roue arrière, arrive à son niveau et voilà qu’il accélère son rythme et me prend une longueur. Toujours avec mon même rythme, je renouvelle l’expérience et de nouveau il accélère. Trois fois, quatre fois, six fois. J’ai du mal à comprendre son état d’esprit d’autant qu’on est loin de jouer la gagne, mais bon, si ça le motive… Du coup, nous voilà dans les roues de ce qui reste de « mon groupe ». A peine est-t-on revenu sur ce groupe, que mon cycliste accélère et prend deux mètres, dix mètres, sur le groupe. Ce qui me rassure, c’est que deux des coureurs de ce groupe ont déjà eu un aperçu de ce bonhomme auparavant puisqu’ils parlent de sa manière de rouler. Ceci dit, à mon tour, en gardant mon rythme très régulier, le lâche le groupe, et devant moi, de plus en plus loin, mon « rival » sur cette ascension, me distance.

Vengeance… vengeance…

Après la descente sur Jouques, vient la dernière difficulté du parcours, la plus dure aussi : le Col du Grand Sambuc et ses 10,2 km à 3,4%. Les 3500 derniers mètres du col sont les plus difficiles, la pente oscillante à un peu plus de 6% de moyenne. Dans l’ascension, là encore, je n’ai fait que doubler des coureurs isolés et alors que je suis en train d’en doubler un qui possède le même vélo que celui que j’avais avant mon Facet 5, des sirènes se font entendre derrière nous, des motards passent et l’avant garde du parcours des 136 km nous double. 3 coureurs qui nous mettent « un vent »… Non loin du sommet, deux autres, puis un petit peloton me laissent sur place.

Enfin la descente libératrice vers Vauvenargues arrive. Je fais la descente et qui vois-je devant moi… mon fameux cycliste qui n’aime pas être doublé. Je constate qu’il n’est pas à l’aise dans la descente… vengeance… vengeance… je le laisse sur place et je ne le reverrai plus jusqu’à l’arrivée.

Le Mistral… pfff… va te rhabiller…

A Vauvenargues, j’attaque les 16 derniers kilomètres du parcours. Cette partie est à tendance descendante avec quelques coups de culs, mais l’ennemi ici, c’est le Mistral vraiment très très violent. A la sortie de Vauvenargues je rattrape un coureur qui se met à l’abri dans ma roue.  A la faveur d’une portion légèrement montante il prend un relai mais m’avoue qu’il a du mal à passer devant. Je lui dit qu’il n’y a pas de problème et je roule face au vent, grand plateau, à l’arrache dans les coups de cul. Dans une petite descente je suis littéralement stoppé par une rafale encore plus forte que les autres, mais je passe en force. Derrière moi, j’entends mon compagnon me dire, « encore une petite bosse et ça descend jusqu’à l’arrivée« . Dans ces 16 derniers kilomètres, on a laissé sur place quelques cyclistes isolés et dans ma tête je me dis que, pour mon niveau, j’ai fait une belle cyclosportive. Le travail des derniers mois a payé et le terrible Col de Mantet, que j’ai grimpé le mercredi juste avant, m’a surement apporté quelque chose.

A un kilomètre de l’arrivée mon compagnon me dit « tu passes la ligne devant moi hein ? Merci de m’avoir trainé« . « Peu m’importe, je ne suis pas à une place près » lui dis-je. Mais il insiste. Tant et si bien qu’à l’arrivée sur la piste du stade Carcassonne d’Aix en Provence, on franchit la ligne côte à côte, moi plus en avant et l’on se sert la main. Ca fait deux mercis aujourd’hui… content le Totoffe…

Je finis ainsi les 95 km à 25,8 km/h en 3h40’52 ». 460ème au classement final sur 798 inscrits, 688 qui ont pris le départ.

La Provençale Sainte Victoire, une cyclosportive à ne pas manquer

acc_victoiregdCette cyclosportive a été un régal pour moi, par ma prestation et mes sensations, mais surtout pour tout le reste. L’organisation est vraiment très bonne. Déjà la veille, lorsque j’ai récupéré ma plaque de cadre et les cadeaux, l’accueil était très chaleureux. Le jour de la course, rien à dire sur l’organisation. Tout était bien ficelé. De très nombreux bénévoles étaient positionnés sur le parcours. Les carrefours étaient bien protégés. L’ambiance était vraiment excellente, tant dans le peloton que sur le bord de la route. En effet, dans le peloton, ça discutait, ça rigolait, ça chantait même parfois, bon certes, loin de la tête de course. Et sur le bord de la route, dans les villages, des gens nous encourageaient. Vraiment une belle cyclosportive.

Pour clore le toute, le gymnase jouxtant le stade d’arrivée, a en partie été aménagé en salle de repas. Là aussi, rien à redire. La plus grosse partie du gymnase permettait de déposer son vélo sans risque. Le choix du repas était varié, et mes lasagnes étaient très bonnes… Une excellente cyclosportive sur laquelle je m’alignerai sans hésiter l’année prochaine. Je pensais finir dans le dernier quart des participants, mais finalement, je suis dans le 3ème quart, et même dans le 2ème tiers. Bonne performance pour moi, d’autant que je suis parti bon dernier…

Allez jeter un oeil à la galerie photos « Mes cyclosportives 2014 »

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