La tristesse d’un monde de silence

Il y a un sujet que j’ai appris à consulter de temps en temps sur les réseaux sociaux, puis régulièrement, plus profondément jusqu’à prendre conscience de ce qui est vraiment. Alors, mon côté « écrivain » s’est demandé comment le retranscrire… comment essayer de toucher les gens, de vous toucher pour vous ouvrir les yeux… Et ce qui suit est sorti sur ma feuille de papier… Choquant pour certains peut-être… Déprimant pour d’autres… Révoltant… Peu importe du moment que vous preniez conscience de la cruauté de la chose… Une sorte d’électrochoc en quelque sorte… Voici l’histoire que je veux vous raconter, celle d’une petite fille… de 25 ans :

tristesse

Je m’appelle Flora. Je suis une jeune fille de 25 ans. Je suis fatiguée et j’en ai marre de vivre. Il y a un peu plus de vingt ans, alors que j’étais avec mes parents, mon frère Johann et ma soeur Carrie, en pleine campagne, on nous a attaqués sans prévenir. On a tué mes parents.  Johann et moi avons été kidnappés, mais Carrie a réussi à s’échapper. Je l’imagine tellement triste aujourd’hui, autant que moi. Après notre capture, mon frère et moi avons été violemment séparés. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé et ce qu’il a subit durant sa courte vie. J’ai juste entendu dire hier, qu’il était mort, sans doute enfermé dans un petit enclos comme le mien, depuis 20 ans. Je me souviens toujours de son visage paniqué lorsqu’on nous a séparés. Je me souviens des cris d’effrois de ma soeur quand elle s’est échappée. Je me souviens tellement des râles de souffrances de mes parents… Je me souviens aussi de mon monde, si beau, si calme, si grand…

Je m’appelle Flora. Je suis une jeune fille de 25 ans. Je suis fatiguée et j’en ai marre de vivre. Il y a vingt ans, on m’a enfermée dans une cabane aussi petite que celle qu’on avait dans notre jardin. J’avais faim mais on ne me donnait rien. On m’a fait comprendre que si je voulais manger, il fallait que je fasse tout ce qu’on me demandait de faire, là, dans cette cabane et dans ce petit enclos qui l’enfermait. J’ai appris à obéir pour manger. Pour obtenir ma récompense, je fais des galipettes et des pirouettes chaque jour, devant de très nombreux regards. Tous ces regards tournés vers moi alors que je fais la roue. Tous ces cris lorsque je fais l’équilibre, nue devant eux. Tous ces visages… Tous ces cris… Je me souviens des visages de mon frère, de ma soeur, de mes parents… J’entends encore leurs cris de terreur… Je me souviens du chant des oiseaux…

Je m’appelle Flora. Je suis une jeune fille de 25 ans. Je suis fatiguée et j’en ai marre de vivre. Les jours passent et se répètent. Il y a vingt ans que je suis ici. J’ai trois enfants de 11, 7 et 2 ans. On m’a obligée à les avoir. On m’a inséminée et gavée de médicaments. J’ai trois enfants, mais mes deux filles ont été emmenées ailleurs peu après leur naissance. J’entends les pleurs de mon fils, non loin. Je suis triste… tellement triste, car de ce monde, il ne connait que son enclos minuscule où il apprend lui aussi à obéir pour pouvoir manger. J’entends ses pleurs… Entend-il les miens… Peut-être est-ce mieux qu’il ne sache pas qu’en dehors de sa prison, il y a un monde immense, un monde de liberté, un monde où je courais en jupette avec mon frère et ma soeur, sous les yeux rieurs de mes parents. Mon frère Johann est mort hier. Et Carrie… Carrie, je rêve qu’elle vit des jours heureux. Je me souviens de leurs visages à tous… je me souviens de nos rires… je me souviens de la liberté…

Je m’appelle Flora. Je suis une jeune fille de 25 ans. Je suis fatiguée et j’en ai marre de vivre. Je voudrais me suicider mais tout est fait pour que ce ne soit pas possible. Je voudrais me suicider… en finir… en finir pour retrouver ma liberté volée… me sentir libre dans la mort, libre comme l’air… Je voudrais tellement ne plus être là… Il parait que je suis importante pour le Parc… ce fameux Parc de Humanoland. Il parait que c’est grâce à moi et à mon fils si tous ces visages viennent au Parc. Il parait que c’est grâce à nous si le Parc devient riche. Je ne comprends pas pourquoi on aime me voir faire ses galipettes inutiles… pourquoi ma souffrance semble leur faire plaisir. Peut-être ne la voit-il pas… Peut-être ne la voit-il pas… Y-a-t-il quelqu’un qui la voit ? Y-a-t-il quelqu’un prêt à se battre pour me redonner ma liberté, comme quand j’étais une petite fille… une petite fille libre comme l’air… Je me souviens de l’air du vent qui soulevait mes cheveux… Je me souviens tellement de mon frère, de ma soeur, de mes parents… Je me souviens tellement de ma liberté.

J’espère que ce texte vous fera réfléchir, vous fera prendre conscience de ce qui se passe réellement dans les parcs aquatiques tels le Marineland d’Antibes. J’espère que vous chercherez à en savoir plus, à ouvrir les yeux sur les delphinariums, comme celui du Parc Astérix. J’espère enfin que vous aussi vous vous révolterez… boycotterez ce type de Parc « à sous » dans lequel vous emmenez vos enfants innocents, émerveillésen regardant les orques faire des cabrioles, les dauphins passer à travers des cerceaux… Emerveillés oui… mais ils ne savent pas… vous oui maintenant… Alors inculquez leurs les bonnes choses, faites leur comprendre ce qui se passe et pourquoi il ne faut pas acheter de tickets pour ces parcs-là. Actuellement, je me bats moi-même pour l’arrêt de la billeterie Marineland à l’Amicale Sports et Loisirs hébergée au Centre Hospitalier de Hyères. Merci.

J’autorise les organisations, associations, groupes publiques, à utiliser ce texte librement comme ils le souhaitent. La seule chose que je demande, c’est de citer sa source : http://scorpiusstreet.fr 

Merci

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1 Response

  1. 21 octobre 2015

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