Le drap rouge


Il y a quelques temps, sur Scorpius Street, j’évoquais à ma façon, les conditions de captivité et de capture, des dauphins et des orques enfermés dans les parcs dit « marins ».

Aujourd’hui, c’est un autre sujet que je souhaitais aborder, encore qu’il y a un rapport aussi… Un autre sujet grave, lui aussi, mais je n’en dirais pas plus dans cette présentation, préférant que vous découvriez le texte par vous même. J’ai abordé ce sujet de manière tragique… mais ne l’est-il pas ?

grind

Aujourd’hui, on l’a recouverte d’un drap rouge. Elle a honte… terriblement honte… honte de ce drap rouge qui ondule à chacun de ses mouvements. Ce drap rouge, elle le déteste… elle le hait. Mais tous ces hommes semblent galvanisés, violemment excités, au milieu de ce drap rouge. Elle a honte. Elle ne sait plus… hagarde… Est-elle coupable ? Témoin innocent ? Complice de toute la violence de ces hommes en elle ?

A chaque fois, elle pleure son écume. Elle ne peut rien faire. Elle sent l’étreinte des hommes se resserrer inexorablement, sans rien pouvoir faire… sans pouvoir repousser ses êtres qui glissent en elle. Elle ne peut rien faire. Chaque fois c’est la même chose… Elle pleure son écume car elle sait qu’on va la recouvrir d’un drap rouge… ce drap qui la couvre de honte.

Elle les sent ses êtres à elle… ses êtres paisibles qui glissent en elle. Elle les sent paniquer, cernés… rabattus par les moteurs en furie et les sonars qui dressent un mur sous-marin invisible. Comme chaque année, elle sait que ses vagues ne pourront pas résister à l’assaut des hommes. Elle sait que ses vagues seront brisées, déchiquetées par la folie humaine. Qu’elle le hait ce drap rouge dont les hommes la recouvre… Qu’elle les hait !

C’est inévitable maintenant… Les bateaux font barrage, empêchant les dauphins de s’enfuir. La meute qui attendait sur la plage se jette en elle. Hommes, enfants… en furie… criant… riant avec leur sentiment de puissance ultime… poignardant… déchiquetant adultes et enfants. Les animaux vivent leur dernier moment de la pire des façons, dans la souffrance, voyant leur famille mourir en hurlant. Elle les sent en elle…  Elle les entend pleurer, crier, mourir… dans ce drap rouge qui la recouvre maintenant. Elle est recouverte de sang… de leur sang… du sang de ces familles qui vivaient en elle. Tant de sang… tellement de sang qu’elle n’arrive même plus à pleurer son écume…

Ce sang disparaîtra doucement, mais il se diffusera en elle à jamais, comme pour la punir de n’être qu’un témoin incapable d’intervenir. Elle a honte… Terriblement honte…

Et dans quelques semaines à peine, elle sait qu’elle sera encore souillée. Elle sait que l’homme la recouvrira encore d’un drap rouge… un autre carnage dans ses eaux pourtant pacifiques… pour l’unique plaisir sauvage de l’homme. Cette fois-ci, certains de ses êtres seront épargnés, triste réalité, pour être exposés dans des prisons de verre.

Chaque année, elle pleure son écume.

Vous l’avez compris maintenant, ce texte traite principalement de ce qu’on appelle le Grind dans les îles Féroé en Europe. Le début du texte se présente comme un viol de la mer. Le massacre de centaines de dauphins, de manière barbare au nom d’une « tradition »… Au Japon aussi, chaque année, de très nombreux dauphins sont tués pour leur chair et certains capturés pour les vendre ensuite à prix d’or aux parcs « marins ». Il faut stopper ça. Plusieurs organisations luttent pour éviter les massacres et faire en sorte qu’ils ne se reproduisent plus, comme la Dolphin Connection ou Sea Shepherd… Aidez-les… et ne contribuez pas à ces massacres et ces captures en achetant des billets de Marineland, Parc Astérix ou Planète Sauvage… Vendre de tels billets, c’est cautionner ce qui se passe dans ses endroits… 

J’autorise les organisations, associations, groupes publiques, à utiliser ce texte librement comme ils le souhaitent. La seule chose que je demande, c’est de citer sa source : http://scorpiusstreet.fr 

Merci

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