Parcours : Ascension du Mont Ventoux par Bédoin… je suis sur un nuage… euh… dans un nuage

Ce samedi 12 septembre 2015, j’ai grimpé le Mont Ventoux. Quatre jours avant je ne le savais même pas. Ce type d’ascension, en général, ça se programme, mais là, les circonstances m’ont amené à passer le week-end non loin du Mont Ventoux… et du coup… ben voilà quoi… Ceci dit, il y avait encore un obstacle inconnu, la météo qui était totalement incertaine. Mais ce samedi matin, alors que j’étais à Bédoin, elle n’était pas suffisament menaçante pour me contraindre à faire demi-tour… Et c’est avec une grande motivation que mes jambes ont fait leurs premiers tours de pédales… En route pour la montée du Mont Ventoux au départ de Bédoin et un retour par Malaucène.

ventoux

Bédoin, huit heures du matin, un parking, des voitures et déjà pas mal de cyclistes en préparation. Le Mont Ventoux domine le village de son Mont Chauve, quasi comme mon crâne, se détachant sur un ciel… euh… ah bah non en fait… Le Mont Ventoux est bien là, on devine ses contreforts boisés, mais ensuite, ce sont les nuages qui cachent une grande partie du sommet. Je n’aperçois même pas un début de la zone « désertique »… Je m’en fous… Il ne pleut pas pour l’instant, et si cela arrive, j’aviserais. Le vent souffle, ce qui m’inquiète, car s’il souffle déjà pas mal en bas, qu’est ce que cela va être en haut… Sac à dos obligatoire, avec veste automnale, sous-vêtement chaud et sous gants en soie, car là haut, il ne doit pas faire chaud.

Premiers tours de pédales, au ralenti, en observant freins, pignons et PAN… la chambre à air avant qui éclate… grrrr… Mais je préfère que ça m’arrive là, à 50 m de ma voiture qu’en pleine descente du Mont Ventoux… Changement de chambre à air et c’est parti. Il est 08h45 quand je m’élance pour de bon vers ce somment que j’ai déjà grimpé trois fois dans ma vie.

Les premiers kilomètres, menant vers le fameux virage de St Estève où commence les gros pourcentages, ne sont pas de tout repos. Le vent souffle de face et oblige déjà à faire des efforts. Au lacet de St Estève, des spectateurs encourage les cyclistes et il y a même un petit groupe de musique folklorique. En fait, il y a une randonnée cycliste organisée aujourd’hui… ceci explique cela. St Estève donc, et en effet, la route s’élève tout de suite beaucoup plus. Un premier kilomètre à 11 %, jusqu’au Chalet Reynard, elle oscillera entre 8 et 11%… terrible. Petit plateau, grand pignon… et ça restera ainsi jusqu’en haut. Mon vélo Btwin Facet 5 répond bien. Quasiment tout le temps assis sur la selle, parfois un peu en danseuse pour dégourdir les jambes, je grimpe à mon rythme, à l’économie, si je puis dire. La montée est belle, dans les arbres. Je suis à l’abri du vent… ouf. L’ambiance est aussi au rendez-vous. Beaucoup de cyclistes que je double, qui me doublent et des spectateurs qui nous encouragent, en tout cas jusqu’au Chalet Reynard. 9,6 km exactement, entre le virage St Estève et le Chalet Reynard. 9,6 km gravis en 1h15 minutes… 7,6 km/h. C’était mon premier objectif, atteindre le Chalet Reynard, après, resterait la partie caillouteuse du Mont Ventoux. Mais pour atteindre ce chalet, il fallait grimper, gérer. Mon coeur battait à une moyenne de 166 battements par minutes (bpm)… au moins il fonctionnait bien. Les jambes forçaient mais ne fatiguaient pas. Le moral était bien présent, même lorsque j’apercevais un lacet particulièrement relevé, tel un mur, ou des pentes s’élevant encore plus fort devant moi. Dans les parties un peu « moins » ardues, genre 8, 9%, je me surprenais à dire à un autre cycliste « on a presque l’impression d’être en récupération sur ces pentes »… c’est sur que par rapport aux kilomètres à 11%…

Enfin, le Chalet Reynard apparait, avec un petit replat qui fait du bien… Là il y avait du monde, des cyclistes arrêtés, voitures, spectateurs et même Monsieur Raymond Poulidor qui est passé juste à côté de moi, à pied et pas en tenue de cycliste, je précise. Au Chalet Reynard, j’en profite pour avaler une barre énergétique, parce que pendant l’effort j’aurais eu du mal. Il reste encore 6 km me séparant du Mont Ventoux. La température est de 15°, mais avec le vent, le ressentiment est bien en dessous… La route qui amène au sommet est engloutie dans les nuages. La visibilité est réduite, environ 30 à 50m, du coup entre les gros cailloux sur la droite et un vide que je percevais sur la gauche, l’ascension entre le Chalet Reynard et le Mont Ventoux se faisait dans une atmosphère étrange. Les pourcentages sont moins « puissants » ici, 8,6%, 4,3%, 9,6%, 5,1%, 8,5 et enfin un dernier kilomètre à 10,5%, histoire de nous rappeler que le sommet du Mont Ventoux se mérite. J’ai grimpé cette partie en 45 minutes à 6,5 km/h. Mon coeur battait à 161 bpm en moyenne, jusqu’à 181 bpm dans les tous derniers mètres. Dans ces 6 km, sans repère visuel, je ressentais vraiment la différence de pente dans les jambes, entre les 5% et les 8%. Grosse chance, le vent soufflait, mais plutôt favorablement. Mon Btwin Facet 5, que je surnomme mon « Furtif », porte bien son nom ici… dans la grisaille, il se fait discret… Par deux fois, je suis en train de réaliser « l’exploit » que je suis en train de réaliser. Je sens me yeux s’embuer, mais très vite, je chasse ce sentiment de mon esprit pour me reconcentrer sur la pente. Le souvenir Tom Simpson apparaissait à peine dans les nuages… Le dernier kilomètre du Mont Ventoux s’élève à 10,5 % de moyenne. Le dernier gros effort avant le Saint Graal… Mais c’était sans compter le tout dernier virage et la trentaine de mètres qui le séparait du panneau salvateur. Terrible dernier virage où d’un coup le vent semblait libéré. Hyper violent au point que je n’arrivais pas à tourner à droite. J’étais littéralement poussé sur la gauche de la route, vers la rambarde en bois. Obligé de m’asseoir pour maitriser la trajectoire… obligé de me mettre en danseuse, à l’arraché pour lutter à la fois contre la pente et contre un vent terrible et froid. Enfin ça y est… pieds à terre, le panneau du Mont Ventoux devant moi… Je l’ai fait. Les 21,5 km fait en 2h24’30s à 8,3 km/h de moyenne.
J’essaie de trouver un coin à l’abri du vent… mais ça n’existe pas. Tant pis, vite torse nu, vite le sous-vêtement chaud, la veste automnale et hop, la photo au pied du panneau prouvant que je suis bien là. D’ailleurs un groupe de chinoises me prend aussi en photo… marrant. Ensuite, le coupe vent par dessus, les sous gants en soie, et on va vite s’échapper de ce vent froid, violent et humide.

Enfin la descente vers Malaucène… Enfin enfin… oui, mais là le vent est violent, dangereux, mais tant pis, je continue ce que j’ai prévu. Jusqu’au Mont Serein, 5,5 km plus bas, je suis très prudent. Je suis secoué, le vélo tremble. La descente est rapide, mais je suis sur les freins. Pas la peine de prendre de risque. Jusqu’à Malaucène, je prends conscience que mon gros défi 2016, la Cinglé du Ventoux, le Mont Ventoux par ses trois côtés… ben c’est pas gagné. Heureusement que je n’ai pas choisi la montée de Malaucène. Le vent est défavorable et aurait rendu l’ascension terrible. J’encourage les cyclistes que je croise jusqu’en bas.

A la sortie de Malaucène, je m’arrête pour me remettre en tenue légère, car en bas, il fait bon. Une douzaine de kilomètres me séparent de Bédoin, mais il y a le Col de la Madeleine entre les deux. Certes rien à voir avec le Mont Ventoux… La pente est douce, 2,2% sur 5,6 km, mais ça c’est la moyenne, car au milieu de ce col il y a une descente. Par endroit la route s’élève à 5%, toujours rien à voir avec le Ventoux, mais c’est un effort après tant d’efforts. Ceci dit, j’ai gravi les pentes de ce petit col tranquillement, régulièrement. Enfin, la descente sur Bédoin… Fin du parcours !

Ce parcours est un tel bonheur, malgré une météo pas vraiment favorable. Mais en période de ciel bleu, souvent synonyme de grand vent au sommet du Mont Ventoux, le panorama doit être fabuleux, et il l’est je m’en souviens encore…

Le Mont Ventoux en quelques chiffres et la carte du parcours :

21 km à 7,5% (8,9% à partir de St Estève à 15,5 km du sommet)

parcours et profil

You may also like...

Laisser un commentaire

Social Network Integration by Acurax Social Media Branding Company