Zoom sur le Col de Mantet – Pyrénées Orientales

Le Col de Mantet, à ne pas confondre avec le Col de Mente monté plusieurs fois dans le Tour de France, se situe dans les Pyrénées Orientales. Lorsque j’ai planifié son ascension, j’étais loin de m’imaginer que le Col de Mantet était digne des plus grands cols pyrénéens et n’avait rien à envier à un Soulor ou autre Aubisque, si ce n’est qu’ils ont été foulés par le Tour de France. En route pour un col typique des Pyrénées, un col en trois phases, autant au niveau de la pente qu’au niveau des paysages traversés…

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Le Col de Mantet se situe dans les Pyrénées Orientales. Il débute au carrefour entre la Nationale 116, allant de Perpignan vers Font Romeu et Andorre, et la Départementale 6, qui part sur la gauche peu après le magnifique village de Villefranche de Conflent. Cette ascension se découpe clairement en trois parties, chacune étant plus difficile que l’autre. Le début du col est ainsi plutôt calme jusqu’à Sahorre, 7 km plus loin, puisque la pente va crescendo, de 2,6% à 4,6% de moyenne. La route s’insinue tranquillement au fond de la vallée, le Canigou sur la gauche, en longeant le torrent nommé Rotjà, qu’on voit et qu’on entend couler à droite. On le traversera d’ailleurs une première fois, puis une deuxième fois dans le village de Sahorre. Dans ce village, on oblique à droite, à un carrefour, pour se diriger vers le petit village de Py et le Col de Mantet. A partir de là, la pente se fait plus rude, allant de 4,5% de moyenne à la sortie du village jusqu’à 7,5% au niveau de Py.

Entre Sahorre et Py, la route et l’environnement prennent une toute autre apparence. Plus étroite, la route s’enfonce plus profondément dans la vallée, à flanc de montagne. L’ambiance se fait plus fraiche. A gauche, le relief est boisé et humide. A droite, tantôt un vieux parapet de pierre, tantôt  une rambarde en bois et la Rotjà qui coule en bouillonnant, offrant son cours au regard du cycliste. Cette partie du Col de Mantet est très agréable de part cette ambiance et de sa pente qui grimpe de plus en plus. Trois kilomètres après Sahorre, après un virage à gauche où la route semble avoir découpé la montage, la Rotjà offre au regard du cycliste la Cascade de l’Enfer… sans doute un avertissement pour ce qui va venir après… Quelques mètres plus loin, on travers la Rotjà et très vite, on arrive au petit village de Py, bien connu des cruciverbistes.

Le paysage change à nouveau, la vallée s’ouvrant à gauche. Après un lacet sur la droite, puis un autre sur la gauche, on arrive au village de Py. On vient déjà de passer une pente moyenne de 6,9% et maintenant on est dans un kilomètre à 7,5% de moyenne. Et comme pour décourager le cycliste qui transpire déjà beaucoup, dans le centre du village la pente se durcit fortement, offrant quelques dizaines de mètres à plus de 12%. C’est le dernier avertissement, il est encore temps de faire demi-tour si vous ne voulez pas souffrir.

En effet, à partir du village de Py la pente se durcit fortement et le revêtement est moins bon. Les trois kilomètres qui suivent sont sans doute les plus durs de l’ascension du Col de Mantet. La route s’élève vite, très vite au-dessus du village, offrant d’ailleurs de belles vues sur celui-ci, mais le cycliste en plein effort les appréciera dans la descente. Durant ces trois kilomètres qui serpentent après Py, la pente oscille entre 7,5% et 9,9% de moyenne avec des passages de 12, 14 et même 16% par endroit. C’est vraiment la partie dans laquelle j’ai le plus souffert. Puis, après un lacet sur la gauche surplombant le village de Py, la route se fait « relativement » plus régulière, avec des pentes entre 7,9 et 8,7% de moyenne, ce qui n’empêche pas des petits coups de cul à 10, 12 ou 16 %, mais ils sont très courts. Le paysage est totalement différent après Py. En levant la tête, le cycliste peut voir, loin, très loin et bien plus haut, la route qui serpente, semblant ne jamais finir. Le Canigou, en général plus ou moins derrière, et les monts frontières entre la France et l’Espagne devant, sont un régal pour les yeux. La route serpente, serpente et serpente encore, parfois animée par quelques chevaux en liberté. Enfin, le sommet du col est atteint. Col de Mantet, 1760 m, c’est ce qui est indiqué sur le panneau libérateur au sommet. Le panorama offert est apaisant et la vue sur le Canigou est différente de ce qu’on voit d’habitude sur son côté Nord.

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Merci à Raül Massabé : www.ramacabici.com

De l’autre côté du col, un peu plus de 3500 m plus loin en bas, le petit village de Mantet est le terminus de la route, ce qui est sans doute l’une des raisons pour laquelle le Tour de France n’a pas emprunté ce col qui, comme je le disais au début de cet article, n’a rien à envier à d’autres cols connus comme l’Aubisque ou encore le Soulor, cols que j’ai déjà gravis il y a quelques années.

Enfin, pour terminer, soyez prudent dans la descente, car le revêtement n’est pas bon, des cailloux sont parfois sur la chaussée, et quelques trous se font discrets.

Col de Mantet (au départ du carrefour après Villefranche de Conflent) : 21,2 km à 6,14% de moyenne – 1301 m de dénivelé.

Col de Mantet (au départ de Sahorre, si vous arrivez du Col de Fins ou de Vernet les Bains) : 14,7 km à 7,30% de moyenne – 1072 m de dénivelé.

Col de Mantet (à partir de Py… juste pour informations) : 8,7 km à 8,3% de moyenne : 721 m de dénivelé

Retrouvez des photos de mon passage au Col de Mantet dans la galerie « Escapades dans les Pyrénées Orientales ».

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